Ebauché le printemps dernier, dans le sillage des "
Chevaux du vent", le projet d'un large micro-trottoir autour de "C'est
quoi pour vous le poétique ? C'est comment quelque chose de poétique ?" est désormais lancé sur "
Poétique mais encore".
L'invitation est lancée, attrapez !
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(13/05/2009) Ce mercredi-là, je découvre l'exposition photo d'Olivier Borgna au centre culturel de Fontaine Lestang . Dans le texte de présentation de Caroline Lafond, chargée de
mission arts plastiques, je relève
"(...) Cette humanité dont parle le philosophe trouve écho dans le questionnement que propose Olivier Borgna, par la présence d’une certaine poétique qui surgit de la configuration hasardeuse des
objets et des diverses traces de l’activité humaine dont ils témoignent."
Je tilte aussitôt sur "une certaine poétique"...
Certes, oui, une certaine poétique, mais laquelle ? Mouais, et puis d'abord, c'est quoi quelque chose de poétique ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Ca n'a pas de couleurs, de formes,
d'intentions définies, ce n'est pas bleu, ce n'est pas rouge, ce n'est pas posé sur une table, un chat est un chat, un chien, un chien, mais bon sang, du poétique c'est quoi ?
Me suis-je demandé souvent. C'est que le qualificatif me poursuit, m'affuble, m'accole, m'encombre et me définit. Ritournelle.
Dans mes quêtes récurrentes de (dé)finitions, (dé)limitations, la qualification m'effarouche, ajoute au flou des enceintes tissées et dressées maladroitement. Ainsi qualifiée, la perplexité
m'envahit, allant jusqu'à rêver de pouvoir simplement dire un jour : "Bond, mon nom est Bond, James Bond" ou "Personne, mon nom est Personne" ou "Docteur Livingstone, I presume bien", ces valeurs
sûres de l'identification. A moins de se réconcilier avec l'épithète, et de se l'approprier, en toute âme, conscience et définition ?
L'épithéte est tant utilisé, tant accordé, décliné, cuisiné, défini, ressenti, que ses propres saveurs se diluent. Utilisé à tout bout de champ, l'épithète phare censé relayer du rare, du
précieux, de l'indicible, patauge dans un terrain lexical vague et flou (le côté sombre de l'indicible).
Ce mercredi-là, Caroline Lafond était à mes côtés. Je lui ai demandé ce qu'elle entendait par "poétique", formalisant ainsi par boutade cet espace où les acteurs et les non-acteurs du poétique se
prêteraient à cette tentative de définition au plus près. Un espace où recueillir les multiples poétiques, les réponses à "c'est quoi le poétique ? C'est quoi, quelque chose de poétique?" posées
au gré des rencontres, ici et là, voire via des micro-trottoirs mis en scène. Caroline a répondu et lance ainsi cette série.
Le vendredi suivant, sur les 3 flyers raflés dans une galerie, "poétique" apparaît sur 2.
- "Une oeuvre poétique aux mouvements indomptables" pour "L'acte inconnu" de Valère Novarina, au Théâtre Garonne
- "L'exposition trace une cartographie poétique des villes d'aujourd'hui" pour l'exposition "Eté indien" au Centre d'Art contemporain de Colomiers.
La quête était lancée.
Dimanche 18 octobre 2009
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Par myriam laffont
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Publié dans : Variétés
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