Ce soir, les traces du matin laissées par le chat et le merle ont disparu.
Ce soir, alourdie de blanc, la nuit offre une luminosité irréelle. A peine éclairé, le salon se reflète sur la vitre donnant sur la treille enneigée.
Ici, c'est à l'extérieur que les rideaux sont posés. Dans la cour, accrochés à la treille, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, rideaux de cène païenne. Eté comme hiver, ici, les
fenêtres sont nues, parées de breloques de cristal, de guirlandes d'étoiles ou de poissons, de grigris divers emplumés. Avec ou sans vis-à-vis. Se souvenir d'un appartement dans une rue très
étroite, les fenêtres plongeant dans l'appartement d'en face. Les tapisser de ci de là de papier calque patiemment évidé de motifs, le vide plein, le plein vide.
Les volets ne sont jamais fermés; côté jardin, colonisés par les bois de la glycine, côté cour, encombrés de cactus et de succulentes. Le vent, le froid s'infiltrent, la maison respire. Eté
comme hiver, le dedans dehors et le dehors dedans, palimpsestes allant de soi, regard sans frontières.
Tel ce tissage japonais, côté intérieur, s'imprimant ce soir sur le rideau, côté extérieur, entre les bois plombés de neige.
Telle cette dentelle arachnéenne habillant ce soir cou et tête.
Telle cette main tendue ce soir vers les étoiles.
Dehors, dedans, vide, plein, palimpsestes, maison traversée, respirer, voir, sans illusions ni voiles.
Samedi 9 janvier 2010
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16:45
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Par myriam laffont
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Publié dans : Chroniques
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Que devient la chatte qui donnait son nom à votre blog précédent ?