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Ce soir, les traces du matin  laissées par le chat et le merle ont disparu.
Ce soir, alourdie de blanc, la nuit offre une luminosité irréelle. A peine éclairé, le salon se reflète sur la vitre donnant sur la treille enneigée.

Ici, c'est à l'extérieur que les rideaux sont posés.  Dans la cour, accrochés à la treille, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, rideaux de cène païenne. Eté comme hiver, ici,  les fenêtres sont nues, parées de breloques de cristal, de guirlandes d'étoiles ou de poissons, de grigris divers emplumés. Avec ou sans vis-à-vis. Se souvenir d'un appartement dans une rue très étroite, les fenêtres plongeant dans l'appartement d'en face. Les tapisser de ci de là  de papier calque patiemment évidé de motifs, le vide plein, le plein vide.

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Les volets ne sont jamais fermés;  côté jardin, colonisés par les bois de la glycine, côté cour, encombrés de cactus et de succulentes. Le vent, le froid s'infiltrent, la maison respire. Eté comme hiver, le dedans dehors et le dehors dedans, palimpsestes allant de soi, regard sans frontières.

Tel ce tissage japonais, côté intérieur, s'imprimant ce soir sur le rideau, côté extérieur, entre les bois plombés de neige.

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Telle cette dentelle arachnéenne habillant ce soir cou et tête.

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Telle cette main tendue ce soir vers les étoiles.
Dehors, dedans, vide, plein, palimpsestes, maison traversée, respirer, voir, sans illusions ni voiles.

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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 16:45
- Par myriam laffont - Publié dans : Chroniques
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Commentaires

Oui j'aime aussi que les fenêtres ne soient occultées d'aucun paravue. Et comme chez vous des breloques de verre en tournicotant diffusent quand le soleil les traverse, des spectres de couleurs itinérants. Très belles ces photos comme toujours.
Que devient la chatte qui donnait son nom à votre blog précédent ?
Commentaire n°1 posté par Zoë le 11/01/2010 à 17h07
L'unique MamzelleLuna à moi, ma belle, ma fidèle  ? Elle se meut de plus en plus difficilement, se casse la gueule lorsqu'elle veut sauter d'une table au sol, se déniche des endroits toujours plus incongrus où se poser, s'immobiliser. Elle vieillit de plus en plus ... 16, 17 ans? Ne semble pas souffrir. Chaque matin, je la cherche, la trouve, rassurée, je la caresse, elle ronronne, caline, miaule comme un "je suis là". Votre question, sensible et pertinente... Un changement de nom de blog comme l'anticipation d'une fin souhaitée sereine, tranquille et détachée...
Réponse de myriam laffont le 11/01/2010 à 18h00
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