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[ bleu blafard, grand bleu, drôlesses, feu de cyprès, paquebot ]

 

 

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Penchée sur l'évier d'inox, baignée par le bleu mortifère des toilettes de la médiathèque Cabanis (installé également à Beaubourg, cet éclairage blafard est censé dissuader les toxicos de venir chercher leurs veines ici), je ne sais pas encore.  Grand bleu de l'horizon ou ronds dans l'eau du lac ? Où sont mes veines ?

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Ballotée, j'échoue bienheureusement dans les filets de l'auteur/plasticienne/vidéaste Valérie Mréjen, de passage à Toulouse. Après le froid bleu de Cabanis, le violet électrique des fauteuils de l'ESAV me réchauffe. Menue dans son petit pull de marin, Valérie Mrejen traverse le marasme du langage et le hâche menu, sans concessions. Et me renvoit dans les cordes dans lesquelles je m'agite, drôlesse, frangine d'infortune revenue des territoires grandiloquents.
« Le travail de Valérie Mréjen est sans doute au plus beau lorsqu’il désigne que derrière le langage, il n’y a rien, pas d’être, pas de présence, mais du vide, de l’absence, de l’impossibilité à occuper le monde. Une coquille creuse. Un défaut d’être. Un manque d’incarnation. […] D’une manière un peu provocante, on pourrait dire que Valérie Mrejen n’a rien à dire. Et rien, c’est nous ». (Stéphane Bouquet )
Si je n'y suis pas, si je suis creuse, si mes veines ne se voient plus, autant être, autant remplir, autant voir. Si je n'ai rien à dire, autant le faire.

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La drôlesse bien pleine d'Elvira Overmars m'ouvre les bras, à deux pas d'un quai translucide de soleil et d'eau, place de la Marine, Agde. A l'intérieur, deux autres drôlesses se tirent la langue dans les fagots. Langue de bois, copeaux en bouche, les vapeurs de vin cuit emplissent une bien sympathique bâtisse envahie d'artistes dans leurs étals. 

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Plus tard, à la nuit qui tombe, un des chats de la maison, exclus des festivités, nous regarde. Je comprends soudain pourquoi ma fille, alors petiote, s'était mise soudain à miauler dans la maison où nous étions invités , "Ben, je fais le chat qui n'est pas là". Il y a ainsi des maisons faites pour les chats et leurs présences. Voir cette gueule rousse dans la cour m'enchante : "Salut, toi qui est là."


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Groupé autour de la chaleureuse et impressionnante cheminée Renaissance, tout un petit monde bavarde, refait le monde, se réchauffe, boit, trinque, joue à cache-cache, les conversations se font, se défont avec une légéreté précieuse et agréable. Salut, vous qui êtes là. Le coeur de la maison brûle avec des odeurs de cyprès. Bleuie, la faible lumière révèle des ombres clémentes et des postures empruntées aux chats tranquilles qui regardent ceux près du feu.

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Mais le temps presse. Vite, vite. Se démêler les bras, les jambes, les pieds, hisser la tête, les seins, la voile.


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Un port plus loin, les bateaux partent, les bateaux restent. Derrière les hublots, des chats, peut-être.

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# Galerie d'Elvira Overmars, place de la Marine, Agde, où a été accueilli le marché de Noël des artistes

# Les 12 premiers Récits-Photo sont désormais reliés en liasse, à découvrir ce samedi 19 décembre à la librairie-galerie intermittente 7.05:655.

Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 20:42
- Par myriam laffont - Publié dans : Récits/photos
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Commentaires

Délicat, délicieux, délirant. Un de vos billets, comme je les aime. . Mention spéciale pour le chat derrière la porte vitrée
Commentaire n°1 posté par Zoë le 15/12/2009 à 22h29
Salut, toi qui es là.
Merci.
Réponse de myriam laffont le 15/12/2009 à 22h37
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