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Littératures

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"Habiter", grotte du Mas d'Azil

 

fin d'été, fin de jour, 

les crocs des loups dans les gorges,

déchirées, les ombres fléchies

 

les chiens dans l'heure bleue aboient,

mais les laisses, et les chiens étranglés, et les lourdes pattes des loups à l'orée des forêts sombres, 

meurtries et bleuies les présences écartelées

Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 10:47
- Par myriam laffont - Publié dans : Littératures
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Déclinaison en transparence du poème  "Mineur de fond".

 

(...) hocher vertèbres cervicales

déployer cage thoracique

actionner fémur, tibia, péroné

se dresser,

mineur de fond,

os, chair, muscles, liquide, debout ! (...)


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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 13:41
- Par myriam laffont - Publié dans : Littératures
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Il y a ces instants soudains - déroutants, grandioses- d'union à ce qui entoure;
ces expériences mystiques sans mystique, sans gourou, sans cathédrale, sans coke, tu le crois?
seules substances, le monde, le ici, la substance, l'alchimie d'un corps et des forces vives, les capteurs, la transparence, le flow, l'immersion, la présence;
être submergée par les mille ruisseaux qui coulent ,au dedans/dehors,
palpiter des mille canaux qui  traversent, au dedans/dehors,
conscience acérée des mille et des cents qui grouillent et amalgament l'atome des paysages
Qu'une brise se lève, et les forêts  intérieures frémissent. 
Qu'une goutte tombe, et les tapis d'herbe ondoient. 
Qu'un son se déploie, et les bêtes se rassemblent.

Les enceintes tombent,

être vibration, dilution, fusion, suspension, 
je suis une fission humaine
effroi
puissance
joie
d'une présence
être vivant et riant
traversée
traversant
et riant, riant
dansant
déversant
ricochet de liesse

une déesse, tu le crois ?
une fission humaine,
je suis,
enjambant les fictions, saisie des grâces dans les courants

Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 17:09
- Par myriam laffont - Publié dans : Littératures
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# Gore mon amour

En rentrant chez elle, la porte était ouverte.  Avant même d'enjamber le paillasson, elle sût. Pourtant, elle ne contra pas la gravitation exercée sur son pied droit. Splashhhhh, le pied retomba. La moquette, beige hier soir, était  rouge ce matin. Rouge sang. Rouge sang imbibé, rouge sang spongieux, "Comme le sang est donc bien rouge", ne put-elle s'empêcher de constater, surprise.  A hauteur des yeux, des giclées de sang  sur le mur, l'été dernier blanchi à la chaux. Un bel été épargné, elle et lui, loin d'eux, presque insouciants, presque normaux. Bien qu'elle sût, elle regarda. Il gisait derrière la porte, exsangue, la carotide et les poignets déchiquetés. "Ils ont été surpris, ils n'ont pas pu se nourrir".  Vite, refermer  la porte. Ne pas alerter les voisins. Quitter le bateau sans faire de vague. "Un couple très discret, lui, écrivait et restait à la maison; elle, elle travaillait la nuit à l'hôpital, on la croisait parfois le matin, toujours un mot gentil pour les enfants."  Toucher le crucifix d'argent  dérobé cette nuit dans la chapelle.  Elle devait à nouveau fuir. Changer de  ville, de peau, d'homme. Elle pensait avoir oublié; elle réalisa, glacée, qu'elle n'avait pas cessé de savoir.  Assoiffée de bel été et d'étreintes de normalité, elle avait sacrifié l'homme dont le cadavre désormais encombrait l'entrée. (induit par la simultanéité de l'incipit d'un concours de nouvelles et  du film de Park Chan-wook,  "Thirst, ceci est mon sang", brillant de rouge et de foutraques exaltants.
Tout aussi bien, la porte est ouverte parce que le penne de la serrure s'est à nouveau grippé. Que fait-elle ? Elle appelle un autre serrurier que celui qui est déjà venu et a salopé le boulot. Le serrurier arrive, il répare, il repart et l'histoire en reste là. Sauf si le serrurier lui tape dans l'oeil. Car,  tire la chevillette et la bobinette cherra, bien sûr. Sur ce, je referme cette porte incidemment ouverte sur des arrière-salles plutôt glauques et vais courir après le chat qui en a profité pour se tirer.)

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# La porte, encore

En rentrant chez elle, la porte était ouverte.
- Tu es déjà rentré ?
- Oui, je suis dans le salon
Il y était. Affalé dans le canapé, zappeuse en main, déchaussé, la cravate dénouée.
- Tu vas bien ?
- Oui. J'ai fini plus tôt
- La porte était ouverte...
- Pourtant, je l'ai fermée. Ne me regarde pas comme ça, je l'ai fermée.Tu vois, je la ferme, elle s'ouvre. Il doit y avoir un problème avec le penne. Il faut appeler un serrurier. Tu t'en occupes ?
- Oui, je sais qui appeler. En attendant, on peut pousser la table comme ça. Tu es sûr que tu vas bien ?
- Oui, j'en suis sûr. J'ai fini plus tôt, c'est tout. Arrête de me regarder comme ça et appelle ton serrurier
- Tu vas ressortir ?
- Non, pourquoi ?
- Pour la table, poussée ou pas

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#  Troisième porte, droite

En rentrant chez elle, la porte était ouverte. Elle se réprimanda. Encore une fois. Hier aussi, la porte était ouverte.  Pourtant,  il lui semblait avoir vérifié. Elle se voyait saluer la concierge, remonter les escaliers, essoufflée, appuyer la main, tremblante, sur la poignée de porte;  la poignée de porte n'avait pas cédé, elle était repartie, rassurée. Elle eût la sensation nauséeuse d'osciller entre deux plans. Ce qui lui semblait, ce qui était. Sa mémoire fuyait, sa mémoire baillait. Avait-elle aussi imaginé le regard navré de la concierge ? Son fils l'avait certainement avertie. Chez elle, les souvenirs ne rentraient plus. S'en souvenant, elle devenait cette porte ouverte. S'en souvenant, elle appréhendait le jour où la porte franchie, elle ferait demi-tour, dévalerait les escaliers, persuadée de s'être trompée et d'avoir pénétré chez quelqu'un qu'elle ne connaissait pas.

 

# Enfiler des portes

En rentrant chez elle, la porte était ouverte. Le voisin d'en face, le vieux vissé à son oeillère, l'a affirmé. Si vous accordez foi au témoignage de ce retraité de la fonction publique, tapez 1, puis regagnez en petites foulées le 10ème chapitre

Si vous n'accordez aucune valeur au témoignage de ce vieux dégueulasse au regard torve, tapez 2, puis regagnez à la nage le dernier chapitre. Si vous vous en tamponnez le coquillard, quittez ce préambule en claquant avec véhémence la porte. Attrapez les clés au vol.
Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 17:32
- Par myriam laffont - Publié dans : Littératures
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